Gus Petit oiseau, grand voyage
Gus est un oiseau qui n’a jamais migré. Le voilà parti pour une aventure superbement mise en scène.
Gus est un oiseau qui n’a jamais migré. Le voilà parti pour une aventure superbement mise en scène.
Inspiré du poète Heinrich von Kleist, Amour fou est le projet radical d’une réalisatrice douée. Jessica Haussner maîtrise son sujet avec brio.
Revoilà nos amis découverts en novembre 2011 et venus directement du Suède. « Petit-point a des points, Gros-Pois a des pois et ils sont très heureux comme ça », nous dit la voix-off au début de chacune de ces six nouvelles histoires.
Comme ces courts-métrages sont conçus pour grandir, ils relatent tous une expérience du quotidien des tout-petits : attraper la varicelle, changer vite ses chaussures mouillés quand on a marché dans une flaque d’eau, se faire à manger si l’on a faim et que le frigo est vide, ne pas se perdre en forêt quand on part à la cueillette de champignons…
Ou bien encore s’amuser en regardant des clowns au cirque puis essayer de les imiter et enfin, fêter la nouvelle année dans une fête disco, entouré de tous ses amis.
A chaque fois, le contexte plonge les deux petits héros dans une situation inédite et dont ils vont devoir se sortir grâce à leur inventivité toujours un peu loufoque.
C’est rigolo, charmant tout comme le sont les deux marionnettes principales et la maison dans laquelle ils habitent. Ou le ton avec lequel l’histoire est racontée. L’idéal pour apprendre tout en se divertissant.
2013 – Suède – 0h44
En partenariat avec Grains de Sel
Mais qu’est-il arrivé à l’adorable Moomin que nous avions découvert au cinéma en mars 2011 ?
Venu de Finlande et porté par l’imagination douce de l’auteure Tove Jannson, cette créature mi-hippopotame, mi-troll a troqué, dans ce deuxième film, sa bonne humeur, son intelligence et sa curiosité pour une série de clichés et d’à-priori qui colle mal avec le personnage initial.
Si Moomim et sa famille continuent à vivre dans une vallée idyllique, ils la quittent à la faveur d’une tempête et d’une menace de pirates pour atterrir dans un hôtel luxueux de la Côte d’Azur. Sur place, les Moomims se mettent à fréquenter la clientèle riche et superficielle du palace. Ce qui pourrait être fatal à leur belle unité familiale.
Soi-disant inspiré du voyage de Tove Jansson à Juan-les-pins en 1954 et dont elle tira une des premières histoires de la série, ce film de Xavier Picard est une satire lourde et sans aucune subtilité des classes sociales privilégiées et des rêves que suscite leur manière de vivre. La fiancée de Moomim, Snorkmaiden, ambitieuse et fascinée par le luxe et la célébrité, y est dépeinte de la manière la plus caricaturale qui soit.
Ce film malhabile, à charge, ne dépasse plus alors le niveau d’un dessin animé de téléréalité. On l’oublie vite, en espérant que le prochain opus, s’il existe, retrouvera les valeurs positives de la famille Moomim.
2014 – Finlande – 1h17
En partenariat avec Grains de Sel
It follows de David Robert Mitchell a reçu le Grand Prix du 22e festival du film fantastique de Gérardmer. Déjà très plébiscité à Toronto et à Deauville, l’opus s’annonçait comme le film le plus fort de la compétition. Les prédictions ont donc eu raison.
Timbuktu et son réalisateur Abderrahmane Sissako, tous les deux primés, sortent grands vainqueurs de cette 20e édition de l’Académie des Lumières. Une vraie reconnaissance pour ce film magnifique, d’une criante et cruelle actualité et très injustement écarté du palmarès de Cannes 2014.
La cérémonie de remise des prix s’est déroulée le lundi 2 février 2015, à l’Espace Cardin, a couronné, une fois de plus, le choix des correspondants de la presse étrangère en poste à Paris. Un palmarès une fois de plus très pertinent, à découvrir ci-dessous.
Ont donc obtenu le trophée du :
MEILLEUR FILM
Timbuktu d’Abderrahmane Sissako
MEILLEUR REALISATEUR
Abderrahmane Sissako pour Timbuktu
MEILLEUR SCENARIO
Philippe de Chauveron, Guy Laurent pour Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu? de Philippe de Chauveron
MEILLEURE ACTRICE
Karin Viard dans La Famille Bélier d’Eric Lartigau et Lulu, femme nue de Solveig Anspach
MEILLEUR ACTEUR
Gaspard Ulliel dans Saint Laurent de Bertrand Bonello
MEILLEURE REVELATION FEMININE
Louane Emera dans La Famille Bélier d’Eric Lartigau
MEILLEUR REVELATION MASCULINE
Kevin Azaïs dans Les Combattants de Thomas Cailley
PRIX HEIKE HURST DU MEILLEUR PREMIER FILM
Les Combattants de Thomas Cailley
MEILLEUR FILM FRANCOPHONE
Deux jours, une nuit de Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne, Belgique-France-Italie
PRIX SPECIAL DE L’ACADEMIE
Bande de filles de Céline Sciamma
PRIX TECHNIQUE CST DE LA MEILLEURE PHOTO
Remy Chevrin (AFC) pour A la vie de Jean-Jacques Zilbermann
Etaient notamment présents à la cérémonie : Claudia Cardinale, Sylvie Pilat, productrice de Timbuktu, Carole Laure, Yamina Benguigui, Jeanne Balibar, Salomé Stevenin, Pascal Greggory, Jean-Pierre Mocky, Samuel le Bihan, Helena Noguera, Charlelie Couture, Catherine Jacob, Victoria Abri et la plupart des lauréats.
Ces prix, imaginés conjointement par Daniel Toscan du Plantier, incontournable producteur et ayant occupé à peu près tous les postes institutionnels du cinéma français, de la présidence du CNC à celle d’Unifrance, et Edward Behr, journaliste britannique, ancien rédacteur en chef culturel de l’édition internationale de Newsweek, ont perduré et honoré la plupart des films importants du cinéma français de ses 20 dernières années.
Ont notamment été sacrés meilleur film français : La Haine de Mathieu Kassovitz en 1996, Le fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet en 2002, Les Choristes de Christophe Barratier en 2005, De battre mon coeur s’est arrêté de Jacques Audiard en 2006, The Artist de Michel Hazanavicius en 2012, Amour de Michael Haneke en 2013…
Les Lumières qui organisent aussi depuis 3 ans, des Rencontres Francophones, se poursuivent au Ciné 7 à Elancourt. Cette année et en partenariat avec l’Institut International de l’Image et de Son (3IS), elles rendent hommage à la cinématographie marocaine.
© Gilles Petipas pour l’Academie des Lumières
Les scénaristes hollywoodiens sont-ils dans une telle panne d’inspiration ? Ou bien est-ce le public qui est en demande exclusive de territoire connu ?
Into the woods (qui fut un show sur Broadway avant de devenir un film Disney ?) est une drôle de comédie musicale dont on a l’impression d’avoir déjà entendu plusieurs la musique et les chansons insupportables et dont l’histoire laisse pantois.
Il semble que Disney ait adapté tous les contes traditionnels disponibles. L’idée, cette fois-ci, a donc été d’en mélanger quatre et d’imaginer une histoire sans intérêt qui mêlerait les quatre contes en question. Vous suivez ? On reprend : Cendrillon, Jack (celui des haricots magiques), Raiponce et le petit chaperon rouge se rencontrent dans un bois, où un couple de boulangers a besoin de les réunir pour déjouer le sort qu’une méchante sorcière leur a jeté. L’histoire peine alors à trouver une suite potable et se perd dans une ode à la famille et à la paternité assumée, avec tout un tas de décès prématurés.
En plus de l’aberration scénaristique de départ qui impose que certains contes soient évacués rapidement (le petit Chaperon est raconté en trois scènes) quand d’autres personnages (Raiponce et son prince charmant) disparaissent tout simplement, il y a la musique. Et là, attention les oreilles ! Non seulement c’est à peu près la même que celle de tous les « musicals » actuels, mais les voix comme l’orchestration, sont clinquantes, fatigantes, irritantes, à la limite de l’audible, le pire étant quand les personnages se répondent.
Plus que d’offrir une telle partition à un certain James Lapine, méconnu et jamais remarqué, pourquoi ne pas la commander à un artiste en vogue actuel, une Beyoncé, une Rihanna voire une Madonna de composer et d’interpréter une comédie musicale au moins en phase avec l’époque ?
Parler aussi de l’humour ridicule des princes charmants (duo Agonie/infâmie) et le comportement limite du prince de Cendrillon « J’ai été élevé pour être un pirnce charmant, pas pour être sincère ».
Seule bonne nouvelle comme tjs : Meryl Streep, une sorcière pas comme els autres, méchnate et terrifiante à souhait.
Sortie : 4 février
Durée : 1h30
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